Appel de Bruxelles

La communauté scientifique, médicale, associative et communautaire francophone lance un appel à l’occasion de l’AFRAVIH 2016 pour demander l’accès universel à la PrEP.

La prophylaxie pré-exposition ou PrEP utilisant un traitement antirétroviral à base de tenofovir disoproxil fumarate (TDF) – a fait la preuve de son efficacité à réduire la transmission sexuelle du VIH à travers plusieurs études cliniques incluant des essais randomisés. Le taux de protection est supérieur à 85% (IPERGAY) et si l’observance de la prophylaxie est maximale, la réduction de la transmission atteint 92% (iPrEx) avec un risque d’acquérir une résistance au traitement infime dans ces essais.

Ces résultats, majeurs dans une démarche mondiale de contrôle de l’infection au VIH, ont conduit l’Organisation Mondiale de la Santé, en novembre 2015, à intégrer dans ses recommandations la PrEP comme outil de prévention, en tant qu’intervention à haut impact destinée aux « personnes à haut risque d’infection à VIH ». La PrEP fait également partie intégrante de la stratégie de l’ONUSIDA pour mettre fin à l’épidémie en 2030.

D’ores et déjà, plusieurs pays ont approuvé, dans leurs stratégies nationales  l’utilisation de la PrEP. C’est le cas des Etats-Unis, du Brésil, de l’Australie, de l’Afrique du Sud, du Kenya, du Canada, et également de la France avec une prise en charge gratuite dans le cadre  d’une autorisation temporaire d’utilisation. En outre, un nombre grandissant de pays ont intégré la PrEP dans leurs lignes directrices nationales.

Or, malgré les preuves et recommandations disponibles, la PrEP reste non-autorisée dans une grande majorité de pays au Nord comme au Sud. Sans autorisation, la PrEP est largement utilisée de manière informelle, en dehors de tout cadre, avec tous les risques engendrés par des prescriptions « sauvages ».

La PrEP est l’un des outils de prévention combinée les plus prometteurs pour les personnes très exposées au risque d’infection à VIH pour lesquelles les moyens de prévention traditionnels n’ont pas fonctionné ou ne sont pas toujours adaptés ou suffisants. A titre d’exemple, l’utilisation du préservatif reste, pour diverses raisons, loin d’être systématique chez certaines populations fortement exposées au risque d’infection à VIH comme les professionnel(le)s du sexe et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Or, chez ce dernier groupe, l’efficacité de la PrEP s’est révélée extrêmement élevée avec une très bonne adhérence.

A l’heure où tant de progrès thérapeutiques  en matière de VIH ont été accomplis, à l’heure où pour la première fois une sortie de l’épidémie dans quelques décennies est réellement envisageable en combinant prévention, diagnostic et traitements précoces de l’infection à VIH, il en va de la responsabilité des acteurs de santé  de mettre en œuvre tous les moyens à disposition, dont la PrEP, pour  parvenir à cet objectif d’un monde sans VIH.

Nous appelons donc :

  • Les décideurs du monde entier à s’engager à rendre la PrEP accessible à toutes les populations à haut-risque de contracter le VIH qui en expriment le besoin et à lever les barrières législatives, politiques et financières entravant cet accès ;
  • Les autorités sanitaires et les professionnels de santé à intégrer la PrEP dans leurs recommandations nationales, dans une prévention combinée de l’ensemble des infections sexuellement transmissibles avec la promotion du dépistage, et à conduire, le cas échéant la mise en place d’études pilotes pour adapter au  mieux l’offre de  PrEP aux besoins, dans un cadre sécurisé ;
  • Les acteurs de la lutte contre le VIH à plaider en faveur de la PrEP au Nord comme au Sud afin que toutes les populations fortement exposées risque d’infection à VIH puissent jouir des mêmes droits en matière d’accès à une prévention efficace ;
  • Les donateurs à augmenter les financements dédiés à soutenir l’extension de l’accès à la PrEP au Sud, pour éviter aux pays des arbitrages entre prévention et traitement contraires à l’éthique et aux stratégies recommandées pour mettre fin à l’épidémie du VIH ;
  • Les laboratoires pharmaceutiques à garantir des molécules antirétrovirales efficaces à des prix abordables et à soutenir la recherche sur l’efficacité préventive d’autres ARVs.

Nous avons aujourd’hui tous les outils en main pour mettre fin à l’épidémie du sida. Nous devons les utiliser.

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Appel de Bruxelles

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Relayez l'Appel de Bruxelles et demandez un accès universel à la PrEP !

Signataires initiaux:

Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel, Institut Pasteur, France

Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Suisse

Mark Dybul, Directeur exécutif du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria, Suisse

Philippe Douste-Blazy, Président d’UNITAID, Suisse

Michel Kazatchkine, Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le VIH/sida en Europe de l’Est et en Asie centrale, Suisse

France Lert, Chercheure, France

Christine Katlama, Présidente de l’AFRAVIH, Hôpital Pitié-Salpêtrière, France

Gilles Brucker, Secrétaire général de l’AFRAVIH, France

Stéphane de Wit, Président de la 8e Conférence AFRAVIH, Belgique

Philippe Duneton, Directeur exécutif adjoint d’UNITAID, Suisse

Hakima Himmich, Présidente de Coalition PLUS et ALCS, Maroc

Jeanne Gapiya, Présidente de l’ANSS, Burundi

Aliou Sylla, Directeur de Coalition PLUS Afrique, Sénégal

Bintou Dembélé, Directrice exécutive d’ARCAD, Mali

Aurélien Beaucamp, Président de AIDES, France

Thierry Martin, Plate-Forme Prévention Sida, Belgique

Thomas Ronti, Observatoire du sida et des sexualités, Belgique

Maureen Louhenapessy, Sid’aids Migrants, Belgique

Pierre Mayeur, Ex aequo, Belgique

Jean-Christophe Goffard, Centre de référence SIDA Hôpital Erasme, Belgique

 

Retrouvez la liste complète des signataires ici !